Changer de style dans Lightroom : guide détaillé pour maîtriser le module Développement

Lightroom est sans doute le logiciel de retouche photo le plus utilisé au monde. Dans cet article, je vais m’intéresser uniquement à la partie retouche d’image, c’est à dire le module développement. Toutes les images de cet article seront des captures d’écran de Lightroom CC 2016. Ma version de Lightroom est en anglais, mais à chaque fois que je parle d’une fonction je mets les deux langues pour que vous ne soyez pas trop perdus. Si vous avez une version antérieure de Lightroom ou même un logiciel gratuit, vous remarquerez que si la mise en page est légèrement différente, les fonctions sont les mêmes.

Ce qui est bien, c’est que l’interface est assez personnalisable. Lightroom étant vraiment un logiciel complexe, on va se focaliser dans cet article sur les retouches basiques. Pour cela on va regarder d’un petit peu plus près la partie en haut à gauche (10). Un histogramme (histogram) est un graphique représentant la répartition des pixels en fonction de leur luminosité. Une zone cramée sera 100% blanche, sans aucune nuances, détails ou contrastes, ce qui est en général dommageable pour notre image (ça rend l’image un peu « plate » à mon gout).

Importation et préparation

Pour commencer à travailler sur vos photos il faut d’abord les importer sur Lightroom. Pour cela rendez-vous dans l’onglet Bibliothèque (Library)(1), puis cliquez sur Importer (Import) (2). Pour que la retouche soit plus fluide, je suggère de créer des aperçus 1:1 dès l’importation des images (Built preview) (3). L’importation va être (beaucoup) plus longue, ça vous donnera le temps d’aller boire un café, mais le travail sur les photos sera plus aisé par la suite. L’onglet Bibliothèque permet aussi de faire du tri dans ses photos et d’organiser ses dossiers sous forme de catalogue.

Ce qui est bien, c’est que l’interface est assez personnalisable. Lightroom étant vraiment un logiciel complexe, on va se focaliser dans cet article sur les retouches basiques. Pour cela on va regarder d’un petit peu plus près la partie en haut à gauche (10).

Les outils de retouche de base

Un histogramme (histogram) est un graphique représentant la répartition des pixels en fonction de leur luminosité. Une zone cramée sera 100% blanche, sans aucune nuances, détails ou contrastes, ce qui est en général dommageable pour notre image (ça rend l’image un peu « plate » à mon gout). Si on veut une image bien contrastée, on va chercher à avoir des zones très foncées mais pas bouchées, et des zones très claires mais pas cramées. C’est grâce à l’histogramme que l’on peut vérifier ça. Histogramme de la photo précédente. Il s’agit d’un outil assez complexe donc on ne va pas aller plus loin sur l’histogramme pour l’instant, histoire de garder cet article à un niveau débutant.

L’outil recadrage (A) permet de redresser et de recadrer la photo. Pour un horizon parfaitement droit utilisez le petit outil (G) pour sélectionner une ligne horizontale ou verticale, Lightroom se chargera comme un grand de redresser la photo. Le correcteur (B) sert à corriger de petits défauts. Il remplace une partie de la photo par une autre, donc si par exemple on veut retirer un bouton sur une peau on clique avec cet outil sur le bouton et il est remplacé par de la peau copiée à côté. Ici je souhaite enlever la trace de l’oreille percée sur ce portrait.

Les trois autres outils présents dans cette barre sont des outils de retouche locale. Ils nous permettent d’effectuer des retouches (luminosité, contrastes, etc.) mais uniquement à un endroit précis de la photo. Ici j’ai utilisé la retouche locale pour pousser la luminosité à fond sur certaines parties de la photo. Bon c’est horrible, mais c’est pour l’exemple ! Attention, comme toute retouche, la retouche locale doit être légère ! Si votre luminosité est très forte à un endroit de votre photo et très faible à un autre, cela se verra et ne fera pas naturel.

Température, teinte et exposition

La température de couleur (Temp). C’est ce qui va déterminer si votre photo va avoir des couleurs chaudes (dans les jaunes et oranges) ou froides (dans les bleus). Toucher à ce paramètre va considérablement modifier l’ambiance d’une photo. La même photo avec à gauche une température de couleur beaucoup trop froide (2952) et à droite une température de couleur beaucoup trop chaude (16917).

La teinte (Tint). Détermine la teinte dominante de votre photo. L’exposition (Exposure). Le contraste (Contrast). Permet d’ajuster les contrastes de la photo. Les hautes lumières, les ombres, les blancs et les noirs (Highlights, Shadows, Whites, Blacks). Ces quatre paramètres vont vous permettre d’ajuster précisément la luminosité de la photo mais en n’agissant que sur certains groupes de pixels.

Les hautes lumières sont les pixels les plus clairs, ensuite viennent les blancs, puis les ombres, et enfin les noirs pour les pixels les plus foncés. Ces quatre curseurs s’utilisent souvent ensemble pour un traitement personnalisé des contrastes. Pour ma part j’aime bien diminuer les noirs pour avoir une image bien contrastée, tout en augmentant les ombres pour ne pas trop perdre de détails dans les zones foncées.

Clarté, vibrance et saturation

La clarté. Il s’agit en fait de micro-contraste, c’est-à-dire le contraste mais au niveau des petits détails (grain de peau, herbes, etc.). Deux versions Noir et blanc de la photo. Dans la première, la clarté est à 0. Dans la seconde la clarté est à +81. La vibrance et la saturation. Ces deux réglages permettent d’ajuster les couleurs. La différence est que la saturation agit sur toutes les couleurs à la fois alors que la vibrance n’agit que sur certaines couleurs. On peut pour mieux comprendre se dire que la vibrance est une « saturation intelligente ».

Je préfère utiliser la vibrance pour éviter l’effet fluo que donne la saturation, notamment sur les tons de peau, mais il faut parfois jouer avec les deux pour obtenir des couleurs bien éclatantes si c’est le but recherché. Toujours la même photo. La version de gauche est très désaturée (-62), elle se rapproche presque d’un noir & blanc (et oui une saturation à -100 donne une image N&B).

Réglages avancés et bonnes pratiques

En utilisant tout ça vous avez déjà pas mal de possibilités pour retoucher votre photo. Il peut être intéressant de cliquer sur le bouton AUTO (H) juste avant de commencer ses propres retouches, ça peut parfois être pas mal, ou en tout cas donner une bonne base de travail. Au niveau de la retouche, Lightroom possède bien plus de fonctionnalité que les quelques-une que je vous ai présentées juste ici. Mais pour débuter, concentrez-vous sur les réglages de base pour bien les approfondir et comprendre comment ils fonctionnent. Soyez conscient que les réglages ont des interactions entre eux. Par exemple augmenter le contraste augmente aussi la saturation, du coup on peut vouloir compenser négativement la saturation pour rattraper. Le tout est une question d’équilibre et de dosage.

Une fois votre photo à votre goût, vous pouvez l’exporter. Pour cela il suffit de sélectionner Fichier (File) puis Exporter (Export). Choisissez vos paramètres d’export et c’est parti.

Avant de terminer, je voudrais revenir rapidement sur la manière de fonctionner de ce logiciel. Lightroom ne touche jamais à la photo originale ! Lorsque que vous faites des réglages (recadrage, couleurs, luminosité, etc.), il enregistre ces réglages dans un fichier dédié (un fichier .xmp). Si vous voulez utilisez une photo retouchée, il va falloir l’exporter de Lightroom vers votre disque dur. Lors de l’export Lightroom va appliquer les réglages du fichier XMP pour créer un nouveau fichier Jpeg (ou tiff, ou autre) mais sans écraser la photo originale. C’est-à-dire qu’il est toujours possible de retrouver le fichier original de la photo (RAW ou Jpeg) pour reprendre à zéro et essayer une autre retouche. On dit que Lightroom retouche les photos de manière non destructive. Essayer, pratiquez. Essayez plusieurs traitement sur la même photo, faites des exports et comparez. Soyez léger dans vos retouches. Souvent les débutants ont tendance à avoir la main un peu lourde quand ils découvrent la retouche photo. Soyez toujours mesurés, surtout avec les couleurs. La retouche ne permet pas de récupérer une image ratée. Si une photo est mal composée ou floue, prenez votre appareil et recommencez.

Utiliser les réglages localisés et les masques

Une autre alternative : utiliser les réglages localisés de masque. Il faut savoir que Lightroom est capable de détecter les personnes dans les photos et donc les vêtements, les cheveux, etc. Je vous conseille d’afficher l’incrustation et de changer sa couleur (elle est en rouge par défaut). Il faut ensuite vous rendre sur l’onglet couleur des réglages localisés. Le réglage qui permet de modifier la teinte est l’outil teinte (logique !). Il suffit d’aller chercher la couleur que vous souhaitez, ici le bleu. Mais comme vous pouvez le voir, le masque n’est pas parfait et il y a beaucoup de retouches à faire.

Pour rendre le masque plus précis, je vous conseille d’utiliser la sélection de personnes. Alors on recommence et on jette le premier masque ! Masque de personne option “toute la personne“Ce masque englobe toute la personne pour la différencier de l’arrière-plan. Pour cela, il faut faire une intersection. Il vous suffit de maintenir la touche ALT enfoncée sur le bouton “ajouter“ ou “soustraire“ pour qu’il se transforme en bouton “intersection“. Maintenez la touche ALT enfoncée sur ce bouton pour faire une intersection.

Sélectionnez intersection avec une plage de couleurs. Sélectionnez ensuite “intersection“ avec une plage de couleurs. La plage de couleurs permet de sélectionner une couleur bien précise, ici le bleu de la robe. Pour cela, tracez un rectangle sur la robe pour choisir le bleu. Maintenant, il ne vous reste plus qu’à cliquer sur “affiner“ pour améliorer le masque. Retoucher le masque : on voit que c’est beaucoup plus propre, même s’il reste quelques bords bleus. L’avantage, c’est qu’ils sont très faciles à corriger !

Pour ça, on va venir soustraire au pinceau (débit de 100 et densité de 100). Pensez à désactiver le masque automatique. Ensuite, il vous suffit de peindre aux endroits où vous ne voulez pas voir le bleu appliqué. Avec ce masque de sélection de personnes, vous pouvez choisir n’importe quelle couleur de la roue chromatique. Ce réglage de teinte permet d’aller à 360°.

Presets et flux de travail

Les presets, ou paramètres prédéfinis, sont de précieux outils pour les utilisateurs du logiciel Lightroom. Outil puissant du logiciel signé Adobe, le preset peut rapidement devenir un indispensable de la retouche photo. Un preset, ou paramètre prédéfini, est un fichier .xmp contenant un ensemble de réglages enregistrés par un utilisateur. Sur le logiciel Adobe Lightroom, il est possible de créer autant de presets que désiré. Avant tout, les presets constituent un gain de temps formidable. Le principe est simple : en un clic, les réglages prédéfinis sont appliqués à l’image.

Ensuite, utiliser des presets pour retoucher ses photos est le meilleur moyen d’harmoniser une série d’images. Les presets LR sont également un excellent outil d’apprentissage de la retouche d’image. En téléchargeant ou en achetant des packs de presets conçus par d’autres photographes, les débutants peuvent les appliquer à leurs propres photos et analyser le résultat. Enfin, une fois le concept des presets Lightroom bien assimilé, tout photographe est libre de s’en emparer pour créer sa patte, son esthétique, selon ses goûts et ses besoins.

Sur Lightroom, cliquez sur Fichier > Importer des profils et des paramètres prédéfinis. Sélectionnez le fichier recherché et cliquez sur Importer. Sur Lightroom Classic, le processus est semblable. Allez dans Ficher > Importer des profils et des paramètres prédéfinis du module Développement, ou faites un clic droit dans le panneau de gauche réservé aux paramètres prédéfinis du mode Développement et cliquez sur Importer.

utilisation des presets visuel

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À noter que votre compte Adobe Creative Cloud permet une synchronisation automatique de vos presets entre la version Lightroom pour ordinateur et les applications Lightroom sur mobiles. Pour procéder à la migration de vos paramètres prédéfinis sur mobile, vous devez disposer du logiciel Lightroom sur ordinateur. Si vous ne retrouvez pas certains presets ou que vous souhaitez en ajouter de nouveaux, la procédure est la même que précédemment.

Ouvrez Lightroom sur votre poste de travail, allez dans Fichier > Importer des profils et paramètres prédéfinis. Le processus est très simple sur Lightroom. Sélectionnez la photo que vous souhaitez retoucher et appliquez-y l’ensemble des réglages qui vous conviennent le mieux. Une fois que les retouches vous donnent satisfaction, cliquez sur le bouton Paramètres prédéfinis situé en haut du panneau de réglages et cliquez sur le symbole “+” pour créer un nouveau preset.

Sur Lightroom Classic, les premières étapes sont les mêmes. Là, une fenêtre s’ouvre pour vous permettre de donner un nom à votre nouveau preset, de le ranger dans une catégorie et éventuellement de sélectionner des réglages à exclure. La capture d’écran ci-dessus nous montre certaines exclusions : ici, les paramètres de transformation, de masquage et de balance des blancs ne sont pas transmis de photo en photo. Après avoir sélectionné une image et appliqué les retouches désirées, tapez sur les trois points en haut à droite de l’écran. Ces derniers ouvrent un menu, sélectionnez alors « Créer un paramètre prédéfini » et donnez un nom à votre nouveau preset. Celui-ci rejoint les paramètres prédéfinis de l’utilisateur ou une catégorie spécifique selon votre choix.

Sur Lightroom ou Lightroom Classic, une fois votre catalogue de presets constitué, il vous suffit d’importer des photos ou de sélectionner les photos que vous souhaitez retoucher pour vous mettre au travail. Notons que la version Classic du logiciel de retouche, qui permet une approche plus avancée de la retouche photo, donne plus de latitude dans l’utilisation des presets que sa consœur dans le Cloud. Nous l’avons dit, les presets ne sont pas voués à rester figés. Une fois un paramètre prédéfini appliqué, libre à vous de le modifier selon votre bon vouloir. L’intensité du preset est ajustable grâce à une échelle de 0 à 200. De base, l’intensité est réglée sur 100.

presets workflow illustration

Adobe met à disposition des utilisateurs un nombre conséquent de presets prêts à l’emploi. Une ressource inépuisable d’inspiration dans laquelle il est facile d’aller puiser. Dans Lightroom, rendez-vous dans la section Découvrir, un espace communautaire où tout utilisateur peut partager ses photos. Cliquer sur une image vous donne accès aux réglages mis au point par l’auteur de l’image. Sur mobile, l’utilisation de preset est similaire à ce que l’on trouve sur poste de travail. Lors de l’ouverture d’une photo, la barre de modification située en bas de l’écran donne accès à la section Paramètres prédéfinis.

Appliquer un preset peut sembler donner un coup de baguette magique… Il n’en est rien. Tout simplement parce que toutes les situations ne conviennent pas à tous les paramètres prédéfinis. Par exemple, il vous sera difficile de retoucher le portrait d’un enfant sur la plage à midi avec les préréglages conçus pour une série de photos de rues illuminées en pleine nuit. Avoir conscience des limites des paramètres prédéfinis est primordial pour en faire le meilleur usage, c’est-à-dire perdre le moins de temps possible dans son flux de travail.

Les presets ne sont pas faits pour rester figés ; vous pouvez les dupliquer, les adapter et les modifier pour développer votre propre style. Sur Lightroom Classic, les premières étapes sont les mêmes que sur la version Cloud. D’abord, l’intensité du preset est réglable grâce à une échelle de 0 à 200. Dans les packs, vous pouvez aussi importer des profils et des paramètres prédéfinis pour un flux de travail plus rapide sur mobile.

Le format RAW est un format d’image brut qui n’a subi aucun traitement de la part de l’appareil photo et comprend davantage d’informations. Ainsi, contrairement au format JPG, il offre plus de souplesse aux photographes désireux de retoucher leurs images. Configurer son boîtier pour photographier en RAW est donc primordial pour tirer le meilleur des presets sur Lightroom.

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