Coloriser une illustration avec GIMP : méthodes, outils et workflow détaillé

Il s’est passé quelques mois depuis la dernière sortie de GIMP. Le résultat vaut probablement l’attente ! De nouvelles fonctionnalités en pagaille, des optimisations, corrections et améliorations de la stabilité font partie de cette version 2.10.10, sortie le 7 avril. L’outil de remplissage a connu toute une série d’améliorations le rendant plus utilisable. Enfin, un changement majeur est l’implémentation d’un nouvel algorithme de remplissage pour les peintres numériques.

Michael Natterer a amélioré l’outil correcteur en y ajoutant l’option « Échantillonner sur tous les calques » permettant de peindre sur un calque séparé, gardant ainsi les pixels à la source intacts. Michael Natterer et Ell ont amélioré la prise en charge des brosses dans GIMP. Une grosse amélioration pour les peintres fut de faire enfin le rendu des brosses paramétriques en nombres flottants sur 32 bits (par canal de couleur), dans la lignée du passage au traitement des couleurs en haute précision. Notons cependant que les brosses raster restent en 8 bits pour l’instant. Enfin, notons que les greffons n’ont encore accès qu’à des versions 8 bits par canal de couleur, même pour les brosses et modèles en haute précision.

Il était déjà possible de créer de nouvelles brosses et motifs à la volée depuis le presse-papiers (c’est‑à‑dire à partir d’images copiées, par exemple avec le fameux raccourci Ctrl + C), mais il n’était pas possible de les sauvegarder. Ces brosses et motifs temporaires peuvent maintenant être dupliqués comme toute autre donnée, leur permettant ainsi de devenir des données stockées « normales », donc réutilisables. Bien que ce changement ait l’air simpliste, il est le résultat d’une grosse migration de code, par Michael Natterer : ce code était auparavant du code greffon, il fait maintenant partie du cœur de GIMP.

J’ai donc implémenté un nouveau modificateur générique sur canevas (Alt + clic milieu) permettant de sélectionner un calque en cliquant sur les pixels. Le calque le plus haut contenant ce pixel sera sélectionné. En maintenant la touche Alt pressée et en continuant à cliquer, vous pourrez sélectionner chaque calque inférieur l’un après l’autre. Le nom du calque sélectionné sera aussi temporairement affiché dans la barre d’état. Comme d’habitude, de nombreux bogues ont été corrigés et des optimisations faites.

Différentes sections du code dédié à l’écriture de fichier ont été rendues plus robustes en évitant la réécriture du fichier quand survient une erreur. Le rendu des groupes de calques se fait maintenant par plus gros morceaux, plutôt que tuile par tile (ce qui avait plus ou moins pour effet d’annuler l’avantage du calcul en parallèle du rendu des groupes sur de multiples fils d’exécution). De plus, le binaire pour macOS est enfin signé. Depuis GIMP 2.10.8, 775 modifications (en moyenne cinq par jour) ont été effectuées dans la branche 2.10 (voire davantage dans d’autres branches de développement). Enfin, 21 traductions ont été mises à jour.

L’extension DDS, développée à l’origine par Shawn Kirst et Arne Reuter, fait maintenant partie des greffons de base fournis avec le logiciel. Il est à noter que ce greffon est à la recherche d’un mainteneur actif. Le développement est arrêté et l’intégration n’a consisté qu’en une adaptation minimale. Non seulement cela fait donc office d’éditeur « preuve conceptuelle » non destructif, proposant même des fonctionnalités avancées basées sur le touché et l’exécution de scripts Lua. Øyvind Kolås a également travaillé dans l’intégration en profondeur de la gestion du CMJN à la fois dans babl, qui est sorti en version 0.1.62 plus tôt cette année, et GEGL. Cela inclut la gestion des profils ICC CMJN dans babl (actuellement, grâce à LCMS2), la prise en charge directe du CMJN dans les fonctions GEGL concernées et les opérations principales, et la gestion de la lecture et l’écriture de données CMJN dans les fichiers TIFF et JPEG.

Comme souvent, nous rappelons que vous pouvez faire un don au projet GIMP et financer plusieurs des personnes mentionnées dans cette dépêche, dont notamment notre projet ZeMarmot. Le travail sur la base de code de GIMP reste très actif, non seulement sur la branche stable 2.10.x, mais aussi sur la branche de portage vers GTK+ 3. Entretemps, comme tous les ans, nous serons présent au Libre Graphics Meeting (aussi discuté sur LinuxFr.org), lequel se tient cette année à Sarrebruck (Saarbrücken) en Allemagne du 29 mai au 2 juin.

Dans cet article, nous allons utiliser Gimp pour ajouter des couleurs sur une photo noir et blanc. La complexité de la colorisation dépend de la complexité de l’image. Plus la photo contient de petits détails et plus la colorisation sera fastidieuse. Pour un premier essai, je vous conseille donc de prendre une photo simple pour éviter de vous perdre. Pour illustrer cet article, j’ai choisi un paysage minimaliste car c’est un cas très simple à traiter. La technique de colorisation d’une photo est quasiment la même que pour un dessin (voir le tuto coloriser un dessin). C’est même légèrement plus simple car une grande partie des informations est déjà là. En effet, pour un dessin, la colorisation se fait en deux phases: d’abord les aplats de couleur et ensuite les ombrages pour donner du relief.

Concrètement nous allons appliquer sur l’image en noir et blanc une série de calques qui contiendront les couleurs. Nous allons appliquer les couleurs les unes après les autres : Chaque couleur sera dans un calque séparé. De cette façon, nous pourrons traiter les couleurs de façon indépendante et éventuellement les ajuster en fin de manipulation. Ici, nous allons commencer par le ciel. Nous allons maintenant ajouter de la couleur sur ce calque. Dans la boite à outil, activez l’outil pinceau (1). Reste plus qu’à choisir la couleur à appliquer. Une fois que l’outil est paramétré, vous pouvez peindre les zones que vous voulez colorer. Attention à ne pas peindre directement sur l’image en noir et blanc. A ce stade, nous n’avons traité qu’une seule zone de l’image. A la fin, vous devriez donc avoir autant de calques que de couleurs. Ça peut paraître un peu lourd à gérer mais c’est la seule façon de ne pas s’embrouiller.

Travailler sur des calques offre un autre avantage : vous pouvez retravailler indépendamment chaque couleur. Pour agir sur une couleur, il suffit d’activer le calque qui la contient puis d’ouvrir l’outil de teinte : menu Couleurs > Teinte - Saturation. L’exemple que j’ai choisi ici est très simple car il ne traite que trois couleurs. Vous imaginez bien que le travail est plus laborieux quand l’image contient plus de détails. La colorisation peut ainsi rapidement devenir fastidieuse. Notez que je vous ai exposé ici une méthode relativement simple de colorisation mais qui a ses limites. Vous constaterez que les couleurs les plus sombres ne ressortent pas aussi bien que les plus claires.

Aujourd’hui j’ai griffonné en quelques secondes au crayon de papier une tête de ces fameux aliens appelés "petits gris". Je l’ai scanné et sauvé sur mon disque. Imaginons que vous souhaitiez coloriser ce dessin... Je vais vous présenter une méthode possible avec The Gimp. Pour que la démonstration soit plus parlante les "petits gris" ont viré aux "petits verts".

Un exemple d’approche comprend :

  • un calque avec un fond.
  • pour renforcer les tracés au crayon, utiliser l’outil courbes - valeur : incurver la courbe en abaissant son point central, on améliore le contraste du dessin, un peu trop pâlot au départ.
  • pour détourer la tête d’alien (enlever le blanc autour) : ajouter un canal alpha au calque en faisant un clic droit sur le calque, puis utiliser l’outil ciseaux-intelligents pour sélectionner la tête et faire ensuite dans le bandeau de menu "sélection-> Inverser".
  • dupliquer le calque "colorisation". Le nouveau calque placé au dessus sera en mode "Assombrir" avec une opacité de 41%.

Cette vidéo vous guide à travers les étapes essentielles pour coloriser vos illustrations avec GIMP, en passant du mode de niveau de gris à RGB. Vous apprendrez à utiliser l’outil pinceau, à sélectionner et à modifier les palettes de couleurs, ainsi qu’à créer et gérer les calques. Explorez les diverses options de brosses, y compris les brosses dures, molles et personnalisées, et maîtrisez les fonctions avancées comme l’étirement, la réduction de diamètre et la dynamique de la brosse. Découvrez également les modes d'incrustation et de multiplication pour préserver et travailler sur le trait initial, et apprenez à estomper et à appliquer des dégradés pour des effets professionnels.

illustration colorisée par calques et brosses

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