Imprimer depuis Lightroom est devenu très simple (du point de vue de la gestion des couleurs). Si vous disposez d'un écran et d'une imprimante calibrés, cela peut même être agréable car vous gâcherez peu ou pas de papier...
Cette dernière page du tutoriel Lightroom sur la gestion de la couleur est consacrée à l'impression à partir de ce logiciel. Non seulement Lightroom permet d'imprimer avec les bons profils d'impression, comme Photoshop maintenant, que l'on a créés ou fait faire par un prestataire extérieur mais il possède en plus une fonction géniale si l'on possède ces mêmes profils ICC et un bon écran calibré : la simulation à l'affichage sur l'écran du résultat de l'impression !
Sur une chaîne graphique calibrée, un écran wide gamut (si vous travaillez des couleurs saturées c'est encore mieux) et avec des profils ICC non génériques - donc réalisés pour votre imprimante -, c'est impressionnant d'efficacité... du moins sur le papier !
Ce guide complet des DPI de 145 pages (5 chapitres + 7 annexes pratiques) détaille les nombreux aspects des dpi (Tirages jet d'encre, impressions offset, 3 x 4, écrans, etc.) et leur utilisation au quotidien - En savoir plus sur la v3.0 - nov.
Il est possible d'anticiper l'impression des différences entre votre fichier et votre tirage, dans une certaine mesure, sur votre écran directement dans Lightroom CC. C'est possible avec Lightroom depuis sa version 5.
Note importante ! Si vous avez créé ou fait créer un profil ICC pour un couple imprimante / papier, il vous sera possible de savoir par avance comment votre image va être imprimée et surtout de savoir quelles corrections lui apporter pour corriger les faiblesses de l'impression.
Pendant mes formations sur site donc sur des chaînes graphiques souvent très différentes, j'ai pu vérifier que les écarts écran / tirage sont toujours présents sur certaines couleurs saturées ou en contraste sur certains papiers. C'est normal et parfaitement explicable !
Il ne peut y avoir correspondance que sur les parties communes de leur gamut respectif. Si une couleur est présente dans le fichier original, affichable ou pas sur l'écran, mais n'est pas imprimable, la gestion des couleurs ne fera pas de miracle !
Exemple avec l'image ci-dessous : seule une petite partie bleue saturée du ciel et le mur jaune dans sa partie la plus saturée ne seront pas imprimés comme sur l'original. Les autres couleurs resteront particulièrement proches entre l'original et le tirage. En voilà une parfaite illustration.
Dans les deux cas, on voit clairement que certaines parties ne "bougent" pas en relatif (les parties communes aux deux espaces colorimétriques) mais c'est au détriment du ciel qui devient un peu plat. En mode perceptif, photo du haut, on voit que tout bouge globalement plus ou moins, mais qu'un dégradé dans la partie claire du ciel, en haut à droite, est conservé.
Deux remarques importantes ! Comme vous pouvez le constater, en cochant ce bouton, vous ne pourrez plus choisir le mode de conversion car la zone "sensible" est maintenant en surbrillance rouge. Deuxièmement, si vous pouvez visualiser les zones non imprimables, vous ne pouvez pas savoir si ces couleurs sont à peine non imprimables donc à peine trop saturées ou très saturées donc loin de l'original.
Pour que cela soit vraiment pertinent, il faudrait des écrans très large gamut donc proche du ProPhoto ou on en est loin car on dépasse tout juste l'Adobe RVB pour certains écrans. Il n'existe pas de couleurs "réellement" non imprimables. Les couleurs "non imprimables" de Lightroom ont un gros défaut : Elles s'affichent toutes avec le même rouge en surbrillance, sans nuance, donc sans vous informer sur l'écart réel qu'il y a entre la couleur souhaitée et la couleur imprimée.
Est-ce que la couleur non imprimable ne l'est pas pour 1%, 10% ou encore 20% ? Lightroom possède depuis le début d'un onglet dédié à l'impression des photos. De basique - du point de vue de la gestion des couleurs, ce qui nous intéresse ici - il est devenu au fil du temps de plus en plus complet.
Note très importante ! Comme vous venez de choisir votre profil d'impression ci-dessus, vous demandez alors à Lightroom de prendre en charge la conversion de votre fichier RVB en CMJN. Cette conversion ne doit se faire qu'une fois. Il faut donc absolument désactiver la gestion des couleurs de l'imprimante.
Dans les deux cas, vous ouvrirez le driver de vos ou votre imprimante. Attention ! Ce choix détermine uniquement le taux d'encrage. Si vous utilisez du papier de la marque de l'imprimante, votre papier sera dans la liste déroulante. Si vous utilisez une autre marque, choisir le même type de papier que chez Epson dans cet exemple.
Qualité - Choisir la même finesse d'impression que lors de l'impression de la mire. Vous pouvez également choisir la vitesse sans que, selon moi, cela ait une influence sur le calibrage. Cliquez sur le bouton imprimer, laissez sécher au moins dix minutes et contempler !
De même, pensez à afficher les couleurs non imprimables grâce à l'autre fonction pratique : "Afficher les couleurs non imprimables", en haut à droite de l'histogramme. Ce n'est pas une fonction précise donc elle peut donc faire inutilement peur ou impressionner car elle a un côté on/off.
Si vous souhaitez la plus grande finesse d'impression choisissez 2880 dpi (pour les imprimantes Epson ou Canon) : cela permet d'avoir des dégradés plus beaux et progressifs dans le ciel notamment, surtout visible de près donc sur des tirages de petit format car on s'en rapproche davantage. Les dpi de l'imprimante n'ont rien à voir avec les dpi de l'image (que l'on devrait appeler ppp d’ailleurs).
Si vous souhaitez imprimer une photo à 240 dpi, les dégradés seront plus beaux si vous l'imprimez à 2880 dpi (imprimante) qu'à 1440 et à fortiori 720 dpi. De même qu'ils seront plus beaux à 240 dpi (image) qu'à 120 dpi. - Lire mon guide complet des DPI - v3.0 nov. Au delà de 240 dpi pour une impression jet d'encre, je ne vois pas de différence mais à partir de 200 dpi je commence à la percevoir si je me rapproche du tirage.

Compatibilité et principes pratiques de la gestion des couleurs
Une gestion des couleurs bien menée repose sur l'utilisation de profils ICC dédiés à la combinaison imprimante/papier et sur la calibration d'un écran calibré. C'est là que Lightroom peut démontrer son efficacité en affichant une simulation du rendu imprimé directement à l'écran.
Les zones non imprimables et leurs limites sont à prendre en compte: même avec un affichage fidèle, certaines couleurs saturées ne pourront jamais être reproduites identiquement sur papier. La compréhension de ces limites permet d'ajuster la correction et d'obtenir le meilleur tirage possible.
Lightroom Impression 01 - Introduction
| DPI imprimante | DPI image | Effet sur les dégradés | Recommandation |
|---|---|---|---|
| 2880 | 240 | Dégradés plus fins, ciel plus lisse | Idéal petits formats |
| 1440 | 240 | Dégradés modérés | Bon compromis |
| 720 | 240 | Dégradés visibles, bruit potentiel | À éviter pour tirages fins |
En résumé, la gestion des couleurs dans Lightroom nécessite la connaissance des profils ICC, la calibration des équipements et une bonne compréhension des limites intrinsèques du gamut imprimé par rapport à celui affiché à l’écran. La pratique régulière et les essais aidant à mieux anticiper les résultats restent indispensables pour obtenir des tirages fidèles.