Cyberlink poursuit son bonhomme de chemin en améliorant ses versions au fil du temps. Il reste un logiciel de montage très simple d'emploi, ou plutôt très intuitif, sans renier une certaine dose d'inventivité et un potentiel qui s'accroit de version en version. PowerDirector permet d’aller loin et de personnaliser ses titres, ses effets, son audio à travers des "chambres" (des modules si vous préférez). La manipulation des fenêtres est souple, avec un redimensionnement libre des fenêtres. Contrairement à Magix ou Pinnacle Studio, il ne propose plus que deux versions Ultra et Ultimate (la version Deluxe a sauté). En fait, il fait comme Vegas Movie qui ne propose que 2 versions.
C'est moins attractif au niveau tarifaire (pas de premier prix) mais c'est moins piège pour le vidéaste lambda, la version la plus basique des concurrents étant souvent incapable d'accéder à des fonctions élaborées, sans que ce soit très évident à décrypter au premier coup d'oeil. Le nouveau moteur TrueVelocity 7 prend en charge les processeurs 64 bits en natif et sont optimisés pour les processeurs Intel de dernière génération ou le décodage matériel NVidia pour les puces H.265 (HEVC). En théorie, les rendus et les encodages sont plus véloces.
Points forts et fonctions phares
- Les trois avancées les plus intéressantes selon moi (pour tous) sont le fantastique Concepteur de collage vidéo et dans une moindre mesure, les fonctions Color Match / Tables de correspondance (LUT) et l'Audio Ducking, qui n'est autre que l'atténuation de l'audio en fonction de la musique.
- Les fonctions relatives au 360 degrés sont également intéressantes mais concernent ceux qui possèdent le matériel ad hoc et les sont passablement marketées, au contraire des autres fonctions vraiment utiles.
- Ce n'est pas la première fois que Cyberlink sort des fonctions vraiment intéressantes et bien conçues comme le suivi du mouvement avancé.
- Rappelons que la quasi totalité des formats grands-publics sont pris en charge par PowerDirector comme le XAVC-S, l'Ultra HD / 4K en importation / exportation 4K ou 3D, l'édition multicam 4 caméras, la gravure sur disque BD, ou DVD AVCHD (seule la gravure de base sur DVD est autorisée).
PowerDirector se caractérise par 3 modes principaux de montage (Mode Ligne de temps, Mode Storyboard, Créateur de diaporamas), correspondant à trois modes d'usage. Le mode Ligne de temps est le plus complet. Le téléchargement est désormais obligatoire. Le contenu des effets dits "Premium" change selon les années. Une version d'essai de PowerDirector 16 (Ultra), limitée à 30 jours, est téléchargeable, moyennant des restrictions comme la présence d'un filigrane au début de chaque vidéo produite, ou les fichiers H.264 de résolution 2K/4K non pris en charge.
- PowerDirector 16 Ultra : 99,99 €. - PowerDirector 16 Ultimate : 129,99 €. - Mise à niveau (depuis PowerDirector 11 à 15) : 69,99 €. - PowerDirector 16 + PhotoDirector 16 : 139,99 €. AudioDirector 8 permet notamment d'éliminer les sons parasites d'une vidéo. PhotoDirector 8 n'est pas à proprement parler un logiciel utile pour PowerDirector puisqu'il se charge de retoucher vos photos. ColorDirector 6 gère la colorimétrie des vidéos avec des options HDR en prime.
Valable sur les versions Ultra comme Ultimate, le Concepteur de collage vidéo, terme un peu impropre puisqu'il ne s'agit pas de "coller" des plans les uns après les autres, est une fonctionnalité qui n’existait pas dans les versions antérieures. Une grande fenêtre s’ouvre et les choix possibles de disposition d’écran sont fort nombreux. Par défaut, l’écran est divisé en deux horizontalement. Cyberlink propose aussi des écrans divisés en 2, 3, 4 et jusqu’à 7 sections possibles dans un même écran. On constate d’emblée qu’un glisser-déposer suffit pour créer un multi-écran et les compteurs de chaque rush s’affichent.
On peut changer de disposition d’écran à tout moment, sans reprendre tout à zéro. Si une séquence commence ou se termine mal, Cyberlink offre une édition possible pour chaque séquence (symbole Ciseaux). On peut aussi repositionner les images (horizontalement ou verticalement selon le sens de la séparation d’images), à condition d’être sur Arrêt. C’est pratique. PowerDirector donne aussi la faculté de zoomer pour recadrer, mais attention à la perte de résolution avec un zoom numérique logiciel.
Cyberlink a prévu différentes options pour les scènes qui n'ont pas la même durée. On peut "s'arranger" pour que les scènes durent le même temps. Une option permet de geler la vidéo. L’interface permet d’afficher une bordure de couleur ou pas, avec une taille réglable entre 1 et 100. Dernière option : on peut lancer les séquences carrément l’une après l’autre en attendant que la première se termine, avant que la deuxième ne se lance. Lorsque vous choisissez l’animation, vous pouvez démarrer la séquence en synchronisme ou pas avec l’animation. Une fois tout satisfait, vous validez et vous retrouvez votre composition d’images dans la time-line sans besoin d’intervention. C’est très souple.
Vous pouvez même revenir à l’écran pour modifier vos séquences, que vous retrouvez intactes. Quand on compose plus de 2 images, le synchronisme des séquences va être prépondérant. Intervertir deux images reste possible via une permutation qui opère sur deux images en même temps.
Color Match et LUT
La fonction Color Match (Correspondance des couleurs) fait correspondre des colorimétries de manière à faire bénéficier une séquence B de la colorimétrie d'une séquence A servant de référence, et vice versa. On peut intervertir l'image corrigée et l'image de référence pour tester rapidement différentes associations. Les deux images de référence et "à copier" sont placées sur la ligne de scénario.
PowerDirector 16 offre aussi une gestion des LUT (LookUp Tables) sous l'appellation CLUT. Le grand-public connaît parfois mal cette notion issue du monde professionnel, qui consiste à importer des profils prédéfinis pour appliquer sur les images tournées dans des modes neutres. Il faut rechercher et télécharger des tables de couleurs dans divers formats puis les importer et les utiliser dans vos projets Cyberlink. L'application de LUT est intégrée dans des logiciels plus sophistiqués que PowerDirector, mais PowerDirector 16 sait les gérer.
Le logiciel adopte la technologie SVRT (render intelligemment adaptatif) qui permet d'adapter la configuration de sortie à votre contenu en analysant celui-ci. Le sous-titrage est une rareté en matière de logiciels de montage et est bien fichu, avec la possibilité de paramétrer l’allure des sous-titres dans la ligne de scénario.
La gestion Multicam demeure performante dès PowerDirector 12 et peut gérer 4 caméras avec réorganisation des séquences à tout moment. Pour les gros montages, on recommande l’analyse par repérage audio, qui demeure rapide et fiable. L’export d’un long montage en H.264 peut mélanger résolutions et extensions sans trop de surprises, et un fichier produit peut peser autour de 8 Go en 1080p/25 ou 4,9 Go en H.265 avec un coût temporel plus faible.
Gravure sur DVD / Blu-Ray: la gravure est accessible via le module Créer un disque et permet des menus variés via DirectorZone. On peut créer autant de chapitres que l’on veut et les préparer avant export dans la chambre des chapitres. Les menus restent relativement rigides comparés à des outils dédiés, et les sous-menus ne sont pas proposés. Centre de caméra d'action vise GoPro et permet de stabiliser, corriger l’optique et ajouter des préréglages colorimétriques. Le suivi de mouvement est capable de générer un effet mosaïque pour masquer un visage ou une plaque, tout en suivant le mouvement de l’objet, avec des résultats proches de certains effets After Effects, sans en égaler la complexité.
Cyberlink livre une interface intuitive et puissante, avec des chambres dédiées et des possibilités d’export riches. Toutefois, la stabilisation reste limitée et le ralenti peut manquer de fusion d’images comme sur d’autres outils professionnels. La gestion des gros projets peut encore être perfectible, même si elle s’est améliorée. PowerDirector ne rate jamais son rendez-vous annuel pour présenter de nouvelles fonctionnalités et la version 16 s’appuie sur une base solide pour viser les amateurs de vidéo 360° et les professionnels passionnés.
Autres composants et suite
La suite Director Suite réunit PowerDirector avec ColorDirector 6, AudioDirector 8 et PhotoDirector 9, totalement intégrés et interchangeables en flux de travail. ColorDirector permet un travail colorimétrique plus avancé, incluant HDR et templates cinématographiques. AudioDirector offre des outils variés pour la gestion et l’amélioration du son, y compris l’élimination des bruits parasites et la création d’un environnement surround. PhotoDirector est dédié à la retouche photo et peut alimenter des diaporamas avec des rendus colorimétriques spécifiques. Ces modules exploitent l’architecture 64 bits TrueVelocity et s’intègrent sans rupture dans le flux de PowerDirector.
Les versions et tarifs et les essais restent à consulter sur le site officiel. L’essai permet de tester les limites (filigrane et export en résolutions restreintes). Le marketing autour de l’offre peut influencer le choix entre Ultra, Ultimate et les éventuelles promotions liées à PhotoDirector, AudioDirector et ColorDirector.

Collage vidéo sur CapCut méthode facile 🪄
Extraits utiles et démonstrations peuvent être consultés dans les ressources en ligne et dans DirectorZone, la communauté où l’on peut échanger des idées, télécharger des modèles et comparer des lignes de montage avec une vidéo simultanée pour visualiser le rendu.